Friday, June 20, 2014

Les cols bleus

Ça y est, ils se déchirent la chemise parce que les politiciens et la société se sont réveillés au fait qu'on peut pas demander aux contribuables de supporter des retraites blindés pour une petite partie de la population juste parce qu'ils ont travaillé pour une ville.

Je n'ai pas de misère avec le concept d'offrir de belles retraites aux gens qui s'exercent dans des métiers demandant et risqué, et qui servent la population dans des rôles physiquement et moralement demandant.  Je compte les infirmières, les pompiers, les policiers et les enseignants dans ce groupe.  Bref, les gens qui font le "dirty work" de la vie pour les autres.

Mais pas les 6 gars de voirie accotés sur leurs pelles a regarder 1 seul gars travailler (je vois ça régulièrement dans mon arrondissement) ou les gars de garage qui se vantent de passer des pauses de plus d'une heure au Tim Horton (entendu chez Tim Horton) ou encore les gars chargés de remplir des nids de poule qui en remplissent toute la matinée mais qui stationnent le camion et dorment le reste de la journée car leur quota est atteint à midi et s'ils retournent au garage, le contremaître va leur donner plus d'ouvrage (un ex-beau-frere faisait ça et en comptait bien plus encore).  Pis vous voulez que je vous paie une belle p'tite retraite? 

Non, non, non.  Je n'ai pas d'affaire à travailler comme une folle comme travailleuse autonome, sans même avoir le droit au chômage et, surtout, sans retraite dorée pour que mes impôts paient une retraite à des gens qui font des menaces, des feux et de l'intimidation pour avoir ce qu'ils veulent.  C'est quoi, au juste, qui leur donne l'idée que cette retraite fait parti d'un droit comme s'il était un droit humain incontestable? 

Leur offrir une retraite est une chose.  Mais pas les retraites dorées que personne ne peut leur payer.  Parce que c'est qui le cave qui va finir par plier et payer?  Le contribuable.

Ceux qui sont restés coincés dans 1976 peuvent bien menacer de faire des moyens de pression, je m'en contre-balance.  Les services sont déjà tellement minimes et difficiles à remarquer que je pense que j'aurais de la misère à remarquer la coupure de certains services.  J'ai perdu le compte du nombre de fois que j'ai fait le 311 pour signaler des problèmes dans mon arrondissement: balançoires brulées et brisées dans un parc pendant plus d'une semaine, présence d'un quantité de verre brisée dans un terrain de jeux pendant plusieurs jours, nids de poules géants sur la seule rue qui mène à notre projet domiciliaire, gazon dans le parc cyclable laissé sauvage de juin à septembre, herbe a poux dans les parcs,  manque de signalisation (noms de rue et panneaux d'arrêts) pendant les 4 premières années que j'ai habité ici...  Oui, je songe déménager.  Mais entre temps, les gars du garage se tappent la cuisse au Tim Horton et le gars qui est supposé de faire la circulation sur le chantier de réparation de nids de poule au coin de la rue jase sur son cellulaire.

Faites-en, des moyens de pression, allez-y.  Annuler les fêtes, moi, je m'en fiche (les fêtes coutent de l'argent, eux aussi, en sauter 1 ou 2 ne fait pas mal à personne).  Faites des feux de joie et bloquez la circulation, go!  Les entraves à la circulation font partie de la réalité Montréalaise, un de plus, un de moins, on ne remarque plus.  Les casseroles?  On ferme les fenêrtres et on écoute Netflix avec des écouteurs.  J'en ai marre.

Il n'y personne qui me défend, moi, et personne ne défend mes intérêts. Personne descend dans la rue quand mon enfant doit baisser ses culottes et faire son caca derrière un buisson dans le parc parce qu'il n'y a pas d'argent pour payer un surveillant pour des toilettes dans les terrains de jeux.  Personne ne descend dans la rue quand je ne suis pas capable de voir par dessus la mauvaise herbe qui pousse dans la bande entre la rue et la piste cyclable, rempli d'herbe a poux.  Aucune manifestation pour dénoncer les branches d'arbre mortes sur la piste cyclable qui sont restées là pendant plus d'une semaine, dont les voisins ont tassé et contôlé avec des pancartes faites à la main. Personne ne verse une larme quand je leur dit que je n'ai pas de chômage ni de retraite dans mon avenir, peut importe ce qui pourrait m'arriver (c'est de l'assurance privé payé de ma poche ou le BS).

Tout ce que les autres veulent de moi, c'est mon argent.

Alors, vas-y.  Crie dans le micro du journaliste, crie solidarité, allume des feux, fait du saccage, montre moi ton poing... ça me laisse complètement indifférente.  Tu ne "mérite" pas une retraite dorée plus qu'une autre citoyen.  Une retraite, oui.  Mais pas les retraites de gras-dure que vous réclamez.

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